Sans lecture pendant mes vacances, j'ai pris, au hasard, ce livre dans la bibliothèque de ma belle-soeur. Je ne savais donc pas du tout à quoi m'attendre et ayant peu de temps à lui accorder, je l'ai terminé au bout d'une semaine. Alors, qu'en ais-je pensé? Eh bien, il ne fait pas dans l'excellence mais il a permis le divertissement avant l'endormissement. Je n'ai pas eu de mal à me plonger dans l'histoire, à m'y intéresser, à suivre le personnage principal - une autrichienne d'origine juive issue de la bourgeoisie - dans ce manoir de Tyneford en Angleterre où elle est employée en tant que femme de chambre, ce qui lui permet d'échapper à l'horreur qui se répand sur le continent. Loin de sa famille, de son pays, elle doit construire sa nouvelle vie: déclassement social, code culturel différent. C'est, pour elle, bien entendu, un dépaysement qui ne le sera plus avec le temps, le manoir de Tyneford devenant le lieu rêvé pour accueillir toute sa famille. Le roman est agréable à lire mais il lui manque l'émotion, la puissance dans la narration et la construction. Il lui manque ce quelque chose qui fait la différence, qui fait l'authenticité. En l'état, le roman souffre d'une certaine superficialité. Il raconte beaucoup les paysages, les petites tâches qui font la vie d'une domestique et oublie quelque peu les sentiments qui naissent de l'éloignement, de la peur, de la crainte, de la disparition et de la mort. Ceux-là, pourtant d'un grand intérêt, ne sont pas vraiment exploités. Dommage.
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mardi 5 janvier 2016
mardi 15 décembre 2015
La question kurde à l'heure de Daech - Gérard Chaliand
Mon compagnon me l'avait dit: je n'apprendrai rien dans cet essai. Et il avait bien raison puisque ce livre ne m'a rien apporté. Gérard Chaliand ne fait qu'y résumer l'histoire du Kurdistan; ce qui n'a d'intérêt qu'à l'égard de celles et ceux qui ne la connaissent pas. Moi, la sachant déjà, je me suis amusée à noter les incohérences de l'auteur; ses "petites" contradictions qui m'ont quelque peu agacée. Et elles concernent le PKK pour qui, vraisemblablement, Gérard Chaliand n'a pas trop de sympathie. L'auteur juge l'organisation kurde violente, prompt à la coercition sinon l'assassinat (p.84). Il la définit comme sectaire et autoritaire, la considère comme potentiellement tyrannique, l'expérience montrant que les mouvements "qui produisent une radicalisation idéologique extrême impliquant le sacrifice de machines de guerres humaines d'une très redoutable efficacité tendent, lorsqu'ils ont la chance d'accéder au pouvoir à se comporter comme des tyrannies" (p.86). Je n'aurais pas contesté le propos si Gérard Chaliand ne se contredisait pas dans son essai. Allons-y:
- il fustige le PKK, lui colle une étiquette négative mais ne dit mot s'agissant de l'UPK et du PDK qui ne sont pourtant pas mieux. Si le PKK doit être considéré comme un parti sectaire, autoritaire parce qu'il élimine ses opposants, que doit-on dire de l'UPK et du PDK? Gérard Chaliand écrit la lutte qui les oppose, la guerre qu'ils se sont menés mais ne pense pas leur définition. Il ne les qualifie pas, ne les dénonce pas. Pourtant, l'élimination des opposants et des rivaux parmi les Kurdes est une pratique antérieure au PKK, le PDK le pratiquant dès le début de sa création. La cohérence et l'honnêteté intellectuelle voudrait qu'ils soient tous logés à la même enseigne, tous considérés comme des partis autoritaires prompts à la "coercition sinon l'assassinat". Dans le cas contraire, il y a un deux poids deux mesures qui ne peut qu'interroger.
- l'esprit de sacrifice imposé par le PKK participe à la définition négative de l'organisation kurde (p.84). Pourtant - je note l'incohérence - Gérard Chaliand écrit, p.129, que "Ce qui compte, dans une armée, est moins son armement que sa volonté de combattre", l'auteur se désolant de l'attitude des Peshmergas (nom attribué aux combattants kurdes du PDK et de l'UPK, il désigne littéralement ceux "qui vont au devant de la mort") qui ont fuit devant Daech. Le PKK ne disposant pas d'armement de qualité, il souffle à ses combattant(e)s une énergie, une volonté qui va, en effet, jusqu'au sacrifice; ce dont était aussi armé les Peshmergas par le passé et que voudrait aujourd'hui retrouver Gérard Chaliand. Si le sens du sacrifice fait de l'organisation qui la nourrit un mouvement autoritaire, sectaire, à potentiel tyrannique etc... pourquoi la souhaiter et l'appeler de ses voeux? Pourquoi applaudir et citer en exemple les forces armées kurdes (le YPG, bras droit du PKK en Syrie) qui ont combattu Daech à Kobané? Ils n'avaient, pour arme efficace contre Daech, que le sens du sacrifice imposé par le PKK.
- il s'inquiète du potentiel tyrannique du PKK qui pourrait, une fois au pouvoir, exercer son autorité sans considération aucune pour la démocratie. L'inquiétude, signe de prudence, est tout à fait légitime mais elle perd en efficacité lorsqu'elle est contredite par les faits qu'il énonce. A propos du Rojava (Kurdistan dit syrien), Gérard Chaliand écrit: "De toute évidence, il s'agit bien d'un mouvement kurde qui cherche à se constituer des ouvertures avec certaines composantes non kurdes des cantons, qu'il s'agisse des chrétiens, notamment syriaques, ou d'autres minorités religieuses et/ou ethniques: l'un des vice-présidents du canton de Qamishli est un Shammar, l'une des plus puissantes tribus arabes du Proche-Orient. Dans la pratique, en l'espace de deux années a été instituée l'armature étatique d'une entité qui fonctionne de façon disciplinée. Il y a dans le canton de Qamishli, une Chambre des députés, un Parlement, des ministères, etc. Il s'agit de gens indéniablement compétents et motivés. (...) Un gros travail est mené pour que la participation des jeunes femmes, et des moins jeunes, soit aussi effective que possible." (p. 144-145). Autrement dit, il vante la gestion du Rojava par le PYD, extension du PKK en Syrie. C'est le programme du PKK qui y est appliqué. Où est donc la tyrannie?
Ces incohérences m'ont agacées parce qu'elles sont toujours les mêmes; parce qu'il s'agit toujours, pour certains, de poser l'étiquette "autoritaire, sectaire, à potentiel tyrannique" quand il s'agit du PKK et de les oublier quand il est question d'autres partis kurdes tels que le PDK et l'UPK qui utilisent pourtant les mêmes méthodes; parce que les mêmes n'ont pas de mal à considérer le PKK comme une organisation à potentielle anti-démocratique tout en vantant les mérites du PYD, au Kurdistan de Syrie, et du HDP (parti politique légal) au Kurdistan de Turquie; tous deux étant fortement liés au PKK et qui ne sont pas, à ma connaissance, connus pour être tyranniques. Enfin et pour finir, ils craignent l'exercice du pouvoir par une organisation politico-militaire mais applaudissent le PDK et l'UPK qui ne peuvent être définis autrement. Il faudra qu'on m'explique pourquoi ils craignent davantage le PKK.
Au delà de ces quelques incohérences, je dois dire un mot sur la conclusion de l'auteur qui me semble quelque peu superficiel et inefficace. Gérard Chaliand rejette l'idée d'une modification des frontières au Moyen-Orient parce qu'il a une préférence pour le vivre-ensemble (p. 151). C'est un idéal que beaucoup aimerait voir arriver (dont le PKK qui fait pourtant l'objet de la raillerie de l'auteur) mais toute la question est de savoir comment organiser ce "vivre-ensemble" dans une région aussi ethnicisée, confessionnalisée où les uns ne veulent pas des autres. Si Gérard Chaliand a des solutions, il aurait dû les expliquer. Son essai aurait été moins bâclé.
lundi 14 décembre 2015
Le Petit Prince - Antoine de Saint-Exupéry
Je ne me souviens pas avoir lu Le Petit Prince quand j'étais petite. Je ne savais donc pas grand chose de l'histoire: un Petit Prince venu d'une autre planète fait la rencontre d'un aviateur en plein désert et lui demande un mouton en dessin. Et après? Il faut lire pour le découvrir et c'est ce que j'ai fait. Résultat: ce n'est pas d'un grand intérêt. J'arrive certainement trop tard. Ce classique, il fallait le lire à l'âge de l'enfance, au delà, il ne fait pas effet. Il n'en a pas eu auprès de moi en tout cas. Je me suis ennuyée, n'ai pas trouvé ça d'un grand intérêt mais, en même temps, je le sais, il ne m'est pas véritablement destiné. Son contenu est intéressant, ses messages sont beaux mais ils ne me suffisent pas. A l'âge que j'ai, ce n'est pas Le Petit Prince qui me fera découvrir le sens de la vie, l'importance de l'amour, du coeur, des sentiments et la laideur des Hommes qui pensent et agissent autrement. En le lisant, d'ailleurs, je me suis demandée ce qu'un enfant pouvait comprendre de cette histoire; ce qu'il en retenait; quel message il recevait et si ça fonctionnait. Je pense que je répondrais à ma curiosité en le lisant, un jour, à mes enfants; lorsque j'en aurais. Avec plaisir je leur ferai découvrir ce classique que je n'ai pas rencontré dans le passé.
dimanche 13 décembre 2015
Annabel - Kathleen Winter
Déçue, voilà le mot. Je m'attendais à quelque chose de passionnant, d'intéressant, d'intellectuellement nourrissant mais il n'y avait, pour moi, rien qui puisse atteindre le niveau espéré. C'était plat, sans rythme, sans véritable profondeur. Pourtant, le sujet se prêtait à une recherche approfondie, à un questionnement sans borne, à une curiosité sans faille, illimitée. Qu'est-ce que l'hermaphrodisme? Une anomalie? Un handicap? Une maladie? Ou une identité qu'il faut considérer comme aussi naturelle que celui du masculin et du féminin? A quelles difficultés les hermaphrodites sont-ils (elles?) confrontées? Comment se construisent leur identité dans nos sociétés où il n'y a pas de place pour l’ambiguïté, où le masculin s'oppose au féminin sans qu'il soit possible de les concilier? Peut-on vivre en hermaphrodite ou doit-on obligatoirement se choisir un genre, un sexe? Le roman aborde quelques-unes de ces questions mais ne les exploite jamais jusqu'au bout. Il reste en surface, surfe sur la vague, refuse de plonger dans les profondeurs comme si l'hermaphrodisme n'était pas le principal sujet, comme s'il n'était qu'un détail évoqué, comme si l'essentiel était ailleurs. Bien mais où? Aucune idée. J'ai eu l'impression, moi, de lire un roman sur la région du Labrador, sur le rythme et la vie qu'elle imposait; sur l'ennui ou le sentiment de liberté qu'elle suscitait; d'où les descriptions et les longueurs inutiles et infinies sur la nature, la forêt, l'environnement et le paysage. Je dis "inutile" parce que là n'est pas, normalement, le sujet du roman; parce qu'il n'y a pas besoin, à mon sens, d'écrire avec tant de détails le décor. Qu'apporte-t-il au sujet, à son analyse et son exploitation? Pas grand chose, à mon humble avis, puisqu'il nous écarte de l'essentiel; puisqu'il ne lui laisse que peu de place. Voyez: 454 pages et on ne sait pas vraiment comment Wayne vit avec son hermaphrodisme, ce qu'il en fait, ce qu'il a décidé, comment il construit son identité. Je veux bien lire l'histoire de cette famille qui ne sait pas comment agir, comment faire devant l'inconnu, face à cet hermaphrodisme plein de mystère. Mais j'aurais aimé plus que cela. J'aurais espéré un questionnement plus foisonnant, plus enrichissant ... je me serais sans doute beaucoup moins ennuyée.
Annabel, Kathleen Winter, Edition 10/18, 480p, 8.80€
dimanche 6 décembre 2015
Au bonheur des ogres - Daniel Pennac
samedi 5 décembre 2015
L'analphabète qui savait compter - Jonas Jonasson
Je n'avais pas apprécié le premier roman de l'auteur, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, pour son ton, sa construction et l’enchaînement rapide de situations qui se voulaient loufoques, invraisemblables et déjantées. L'auteur en avait trop fait, trop dit au point qu'il n'y avait plus d'effet de surprise ni d'étonnement. La lecture de son premier roman m'avait donc ennuyée. Ne voulant pas condamner l'auteur avec un seul livre, j'ai décidé, pour lui accorder sa chance, de lire son second roman. Mal m'en a pris, j'ai détesté. Il ressemble tant au premier roman que je lui ferai les mêmes reproches: pas de style, pas de talent, pas de surprise, que de l'ennui. L'auteur ne sait apparemment pas faire autre chose que raconter l'invraisemblable. Il a besoin, pour "épater", de tirer les grosses ficelles sauf que ça ne peut fonctionner qu'à petite dose. Sinon, où est l'effet de surprise? Eh bien pour ma part, il n'y en a pas. C'est monotone, c'est lassant, c'est ennuyant. Jonas Jonasson ne m'étonne pas, il me fatigue. Son procédé est apparent, on sait qu'il fait dans le n'importe quoi. On ne s'étonne donc plus de rien et résultat, son livre tombe à plat. L'auteur répétant ici son premier livre, il m'oblige à me répéter moi aussi. Je me permets donc de coller ici la critique que j'ai faite pour son premier ouvrage et qui sied parfaitement au second roman.
L'auteur, Jonas Jonasson, parie sur une construction abracadabrantesque pour épater le lecteur comme si cela suffisait. "Plus c'est gros, mieux ça passe" a-t-il certainement pensé [...] "Malheureusement" (pour qui?), chez moi ça ne passe pas. Mais alors pas du tout. Je n'ai vraiment pas apprécié la lecture de ce roman qui s'est révélé être d'une grande pauvreté. Au bout de quelques pages, on comprend la logique servie par l'auteur: plus rien n'étonne, rien ne surprend. Ce qui est le comble pour un roman de ce genre qui ne tient que sur une ficelle: une construction farfelue qui veut, par l'enchaînement d'événements plus qu'improbables, créer un effet de surprises et d'étonnements.
Le roman ne peut être conseillé qu'à celles et ceux qui ont apprécié le premier roman et qui veulent le retrouver.
mercredi 11 novembre 2015
Les noces noires de Gulizar - Arménouhie Kénovian
Ce livre n'est pas un roman. Il est un témoignage vivant; un témoignage porté par Arménouhie Kévonian, la fille de Gulizar; un témoignage bienvenu qu'il faut lire pour savoir la vie des arméniens au temps de l'empire ottoman. Ceux de Muş ont souffert. Ils ont subis ces chefs de tribus kurdes qui éprouvaient une haine pour les arméniens, n'ayant pas de mal à les piller, les violenter, les capturer, les assassiner; le tout dans l'impunité, soit que les autorités ne parvenaient pas à les arrêter, soit qu'elles leur accordaient une immunité. Et on voit là se dessiner la mécanique de la violence qui sera plus tard versée sur les Arméniens victimes de génocide. Heureusement, on voit autres choses dans ce récit: des élans de solidarité et de fraternité entre les Kurdes et Arméniens qui souffraient ensemble de la violence de certains chefs de tribus. On voit des gens qui n'avaient pas de mal à parler la langue de l'Autre - les Kurdes pouvant maîtriser l'arménien et les Arméniens le kurde. On découvre un peu de cette vie enfermée dans le passé: une hiérarchie sociale, un vivre-ensemble, une cohabitation parfois heureuse, parfois malheureuse entre gens de confessions différentes. Par son témoignage, Gulizar nous laisse ainsi les traces de ce qui n'est plus, de ce qui a été détruit, abîmé, pratiquement oublié. Elle nous laisse imaginer la vie sous l'Empire ottoman, nous invite à penser la complexité de la question arménienne, les Arméniens ayant été accusés de traîtrise par les autorités parce que faisant, entre autres, l'objet d'une attention et d'un soutien tout sauf désintéressé de la part des puissances étrangères qui n'avaient pour véritable intention que le démantèlement de l'Empire ottoman. Le sort des Arméniens n'était en effet, pour eux, qu'un prétexte pour réaliser leurs ambitions politiques, l'Histoire ayant apporté les preuves de leur manque de sincérité et d'intérêt pour le peuple arménien. Celui-là était pris en tenaille: vivre soumis et dans le silence pour se faire oublier des autorités dont ils craignaient la colère et l'injustice ou payer le prix de leur révolte. Dans les deux cas, malheureusement, c'est le même sort qui leur a été infligé.
Ce livre est à conseiller pour ce qu'il est: un retour émouvant dans ce passé qu'il ne faut surtout pas oublier. Dommage, toutefois, qu'il soit court. Je l'aurais aimé plus long et détaillé.
Ce livre est à conseiller pour ce qu'il est: un retour émouvant dans ce passé qu'il ne faut surtout pas oublier. Dommage, toutefois, qu'il soit court. Je l'aurais aimé plus long et détaillé.
dimanche 4 octobre 2015
Shlomo le Kurde - Samir Naqqash
Il est Kurde de confession juive. Il habite Sablakh, aujourd'hui Mahabad. Il est solide, robuste, fidèle, généreux et responsable. Il est un homme riche, intègre doué de qualités. Il est presque parfait; presque parce qu'il commet, lui aussi, des erreurs mais ses manquements, dans ce roman, ne sont "rien" comparé à ses bienfaits car Shlomo Kattani, dit Shlomo le Kurde, est capable du meilleur dans le pire. C'est lui qui a en partie réussi, en tant de guerre, a conservé un peu de cette harmonie, de cette vie paisible qui existait parmi les différentes communautés - ethniques ou religieuses. Kurdes, arabes, azéris, juifs, sunnites, chrétiens, chiites vivaient effectivement ensemble à Sablakh; un ensemble qui devait être sauvé dans ce chaos invité en même temps que les puissances étrangères venues s'affronter. C'est la première guerre mondiale: ce sont les Ottomans, les Allemands et les Russes qui sont venus poursuivre à Sablakh le combat mené ailleurs jusque-là.
Sablakh est ainsi touchée. Elle n'est pas épargnée. Elle est occupée par ces étrangers qui n'ont ni foi, ni loi. Ils détruisent la ville, la pillent, l'affament. Ils la salissent par la haine qu'ils se plaisent à recracher. Ils la salissent par le sang qu'ils font couler; le leur et celui des différentes communautés. Par représailles, en effet, qui se plait à massacrer les Juifs, qui s'amuse à tuer les Musulmans. La ville, bien que démunie, faible, va tout de même essayer de résister. C'est Shlomo le Kurde qui pense la solidarité. C'est lui qui aide bien des familles laissées à l'abandon, c'est lui qui incite les Juifs à abriter les Musulmans; des Juifs qui seront à leur tour sauvés par les Musulmans. Mais la guerre est ce qu'elle est ... il ne pourra y résister, il sera contraint au départ. Il sera contraint à l'errance, celle du kurde juif iranien; celle de l'immigré qui devra, toujours, relever la manche pour survivre loin de sa terre, loin de son pays.
C'est la guerre que raconte ce roman; la guerre qui vient remettre en cause le peu d'harmonie qu'il y avait dans la région; la guerre qui vient implanter sa rage et sa haine, qui vient diffuser, on le sait, ses idées nauséabondes. C'est la vie qui bascule, la paix qui disparaît, la beauté qu'on ne voit plus. C'est la mort qui rôde, les corps qui tombent, les larmes qui se versent, les cœurs qui se déchirent. C'est l'absurde qui domine, l'incompréhension qui s'affirme. C'est une vie qui a perdu de son sens, une vie qu'on ne maîtrise plus; une vie qui demande pourtant des efforts en faisant naître un peu d'espoir; suffisamment pour ne pas se flinguer et travailler à la survie; la survie de tout ce qui fait le meilleur de l'humanité.
Ce roman aborde ainsi des thèmes intéressants mais cela ne suffit pas à bien le noter. C'est qu'il a ses lacunes. Il est, parfois, ennuyant, lassant. Il est, parfois, répétitif et donc épuisant. Il n'est pas le coup de cœur que je pouvais espérer, malheureusement. Il n'est donc à conseiller qu'à celles et ceux qui y trouvent un intérêt.
Shlomo le Kurde, Samir Naqqash, Edition Galaade, 456p, 24€
jeudi 17 septembre 2015
Le piège Daech - Pierre Jean Luizard
Pierre-Jean Luizard revient ici, brièvement, rapidement, sur quelques éléments qui peuvent nous aider à comprendre "le piège Daech". Il nous explique, dans un premier chapitre, l'irruption de l'Etat Islamique, son succès et sa rapide expansion. Un modus operandi particulièrement efficace (à l'opposé d'Al Qaïda qui forçait la population locale, l'E.I restitue le pouvoir à des acteurs locaux en contrepartie, bien entendu, de leur allégeance absolue), une communautarisation de la scène politique irakienne et un accord avec le kurde Massoud Barzanî permettent en effet l'avancée, en Irak, des troupes de l'Etat Islamique. Seulement, la rupture de l'accord et l'appel au djihad de l'ayatollah Ali Sistani obligent l'Etat Islamique à revoir ses plans: l'expansion illimitée sur le territoire irakien étant désormais, pour lui, très compliquée voire impossible, il décide d'envahir la Syrie dans l'espoir d'unir, de faire une, la communauté sunnite arabe désormais soumise au Califat proclamé le 29 juin 2014. Cette proclamation est un pied de nez à l'Histoire qui a vu l'Empire ottoman se disloquer par le jeu des puissances "occidentales" qui se sont amusées à le démembrer et le découper pour "mieux" réorganiser "son" territoire. Les pays mandataires (France et Grande-Bretagne) fixent - c'est le second chapitre - les frontières, participent à la création d'Etats dès le début contestés... l'objectif est la sauvegarde de leurs propres intérêts. Depuis on le sait, c'est le chaos dans la région. Il faut citer l'auteur:
Si l'ordre étatique régional menace de s'effondrer aujourd'hui c'est avant tout en raison de son épuisement et de ses contradictions internes, devenues insoutenables. Ce n'est pas le califat proclamé par Abou Bakr Al-Bagdadi qui menace aujourd'hui l'Etat irakien. Ce ne sont pas les combattants de l'Etat Islamique qui ont amorcé le processus d'autodestruction du régime de Bachar Al-Assad qui entraîne toute la Syrie dans sa chute chaotique et interminable. En réalité, l'Etat Islamique n'est fort que de la faiblesse de ses adversaires et il prospère sur les ruines d'institutions en cour d'effondrement. C'est ce long processus de délégitimation et de décomposition d'Etats dont la viabilité était largement viciée dès l'origine, qu'il s'agit maintenant d'étudier". (p.58)
Etudiant et définissant, dans les chapitres suivant, l'Etat irakien et syrien, Pierre-Jean Luizard s'interroge également sur les bouleversements que l'apparition de Daech imposent au Moyen-Orient; des bouleversements tels que l'auteur conclut en écrivant qu' "on ne reviendra pas au Moyen-Orient que nous avons connu depuis près d'un siècle" (p. 178). Dès lors, il interroge: "Une guerre lancée sans perspectives politiques n'est-elle pas perdue d'avance? C'est le piège que l'Etat Islamique tend aux démocraties occidentales pour lesquelles il représente certainement un danger mortel." et conclut "Les leçons de l'Histoire doivent aussi servir à le combattre". Qui veut connaître rapidement et succinctement cette Histoire peut ainsi approcher le livre de Pierre-Jean Luizard. Ceux qui la connaissent déjà peuvent, comme moi, l'aborder pour se rafraîchir la mémoire.
lundi 14 septembre 2015
Le revenant - Yiğit Bener
Le revenant c'est celui qui a été contraint au départ en raison de ses idées politiques; c'est ce révolutionnaire de gauche qui a essayé de tout changer dans sa société mais qui a échoué; ce condamné qui a préféré l'exil à la torture et la prison; cet homme vaincu qui est revenu en Turquie une fois oublié. Et il raconte, ce revenant, ce que c'est que de rentrer au pays après avoir habité, contraint et forcé, dans cet autre monde qu'est l'étranger. C'est revenir, changé, dans un pays qui a lui-même évolué. La Turquie n'est, en effet, plus ce qu'elle était. Et c'est elle que nous décrit, en partie, l'auteur. C'est elle qu'il interroge avec intelligence et clairvoyance. Ce roman ne connait aucune fausse note, en effet. Les questions sont justes et bien posées, les réflexions sont pleines de lucidités, le regard est juste parfait, en accord avec ce que j'ai toujours pensé. Je n'ai eu aucun désaccord avec l'auteur. Je partage, avec lui, ses idées et ses pensées; ses questions et interrogations; ses réflexions sur la Vie et la Turquie. Femme de gauche, je me suis retrouvée dans tout ce qu'il a dit; dans ses doutes, dans ses incertitudes, dans sa manière de penser et voir le monde. Je me suis retrouvée dans son regard modeste et bienveillant. Il est, comme moi, loin des certitudes. Je suis, comme lui, un peu perdue dans la complexité de ce monde qui nous interdit d'avoir des positions dogmatiques. Je suis, comme lui, dans l'observation de cette Turquie qui est, quelque part, aussi mon pays puisqu'elle entraîne dans son sillon le Kurdistan que j'ai dû moi aussi quitter dans les bras de ma maman pour des raisons de sécurité; ce pays la Turquie que certains étrangers prennent plaisirs à expliquer sans l'avoir approché ou étudié; ce pays d'une grande richesse, d'une admirable beauté que les politiques et militaires salissent depuis maintenant plus d'un siècle; ce pays que l'on doit toujours observer en espérant son changement qui doit, obligatoirement, être des plus radicales tant il a besoin de s'extirper de tous ces maux qui continuent à le ronger. En bref et pour résumer, j'ai beaucoup aimé ce roman qui m'a quelque peu réconfortée.
mardi 8 septembre 2015
Un homme, ça ne pleure pas - Faïza Guène
C'est frais, jeune, pétillant, drôle ... autant le dire, j'ai beaucoup aimé ce roman. Lu d'une traite en une journée, il est, pour moi, d'une belle qualité. Il raconte, ce livre, la famille Chennoun; une famille d'origine algérienne installée à Nice. Il y a les parents et, dans l'ordre de naissance, Dounia, Mina et Mourad. C'est lui qui écrit. C'est lui qui raconte. Il dit le départ de sa sœur aînée étouffée par l'amour maternel et les traditions, il dit la gentillesse de Mina qui, pour ne pas faire souffrir ses parents, s'est toujours comportée comme la fille idéale, il dit la bonté de son père, l'amour envahissant de sa mère. Il dit aussi sa solitude et son amour pour la littérature. Il dit avec tendresse et humour sa famille touchante et émouvante. J'ai aimé le lire et l'écouter. J'ai aimé l'histoire racontée. J'ai aimé aussi la critique que l'auteure fait.
C'est de l'intégration française qu'elle rit, de l'assimilation forcée qu'elle se moque; cette assimilation qui ne suffit pas en vérité à faire de l'immigré/réfugié un bon français car il est toujours, éternellement, renvoyé à ce qui fait de lui un étranger. On lui demande d'effacer, d'oublier, de s'extirper de ce qui fait son identité pour acquérir celle de sa nationalité mais c'est quoi au juste être français? Comment le devient-on? Quel est son contenu? Qui sait la définir? On sent bien que la langue ne suffit pas à faire "le Français", on sent bien que la citoyenneté non plus. On peut être un bon citoyen respectueux des valeurs françaises parfaitement intégré à la société, avoir un travail, un foyer, payer ses impôts, respecter les lois, il manque toujours quelque chose aux yeux de celles et ceux qui savent, eux, définir l'identité française. Elle est, cette identité, un "nous" jamais vraiment défini qui permet d'écarter celles et ceux qui sont éternellement "eux". Eux qui ont une couleur de peau, une consonance, une résonance, une apparence qui vient d'un ailleurs. Ils le savent, ils le sentent les "vrais français". Ils ne sont pas dupes. Eux savent ce qu'être français mais ils ne veulent pas l'expliquer car il y a des évidences qui n'ont pas besoin d'être racontées. Ils sont français, ils n'ont pas de doute sur le contenu de leur identité. C'est forcément différent pour l'enfant d'immigré/réfugié qui DOIT devenir français; lui doit savoir ce qu'on attend de lui précisément, ce qu'il faut faire pour ne pas être considéré comme étranger à la société. Il doit savoir mais comment? personne ne lui a expliqué. Il faut faire quoi pour devenir français, pour faire partie de la communauté? Changer son prénom, la couleur de sa peau, célébrer Pâques et Noël, manger du porc, boire du vin, aller à l'Eglise? Est-on bien sûre que tous les français le font? Alors que faire d'autres? Oublier sa famille, ses parents, sa langue dite maternelle, refuser leurs coutumes et traditions même quand elles n'ont rien de dangereuses pour la République et la Patrie?
Ils savent celles et ceux qui demandent à oublier ce que ça coûte aux enfants d'immigrés et de réfugiés? Ils savent à quelles difficultés psychologiques ils peuvent être confrontés? Ce que ça fait de se sentir écarté, tiraillé? Ils savent les tensions qui se vivent, les problèmes qui se créent? Faïza Guène n'a pas tort. Ça donne entre autres des Dounia: des filles qui se perdent, qui ne savent plus comment il faut être, des femmes qui croient que le féminisme c'est le refus systématique du mariage, de la vie rangée; que la liberté passe par les petites jupes et le carriérisme, la cigarette et les boissons alcoolisées; que le féminisme impose une éternelle confrontation avec la famille reléguée dans l'arriérisme; des femmes qui payent le prix de leur combat parfois mal pensé et qui finissent dans la solitude la plus complète; ces mêmes qui, plus tard, une fois la vie passée, vont venir nous expliquer qu'il est finalement difficile pour un être de s'extirper complètement des valeurs, coutumes et traditions inculquées. C'est déjà compliqué pour un enfant d'immigré/réfugié de vivre écartelé entre deux mondes dit inconciliables; c'est déjà dure pour lui d'être un enfant d'ici et d'ailleurs. Il doit, seul, créer le pont qui lui permettra de circuler entre les deux espaces-temps. C'est, pour lui, déjà compliqué mais quand d'autres viennent s'immiscer dans sa vie privée pour le faire culpabiliser et/ou lui faire peur en lui expliquant qu'il est menacé parce que pas français, pensez aux dégâts que ça fait. J'en ai vu des jeunes qui se sont perdus ou sont toujours encore perdus, ne sachant pas qui ils sont, ce qu'ils doivent être, ce qu'il faut faire pour être. La vérité, c'est qu'ils seront, quoiqu'ils fassent, quelque soit leurs efforts, des étrangers aux yeux de la société qui refusent de les voir français.
J'ai beaucoup écrit, beaucoup parlé, je dois ici m'arrêter. En bref, je vous conseille ce roman plein de douceur et de fraîcheur qui ne peut, bien entendu, se résumer à ce que j'ai écrit et pensé.
mercredi 26 août 2015
Une histoire de la violence au Moyen Orient - Hamit Bozarslan
Du Moyen-Orient, on retient beaucoup la violence qui se répand. Depuis la fin de l'Empire ottoman et son démantèlement, la région est connue pour son instabilité et le sang qui s'écoule. Ce sont les guerres et les révoltes, les attentats et les assassinats... vu d'ici, quand on ne fait que regarder les images à la télé, on finit par penser à la barbarie et la folie de ces gens qui ne connaissent pas la paix. Mais il suffit de se pencher sur l'Histoire pour comprendre un peu mieux cette violence qui étonne et écœure; cette violence qui aujourd'hui (par le passé aussi) atteint nos pays en plein cœur. Pourquoi les régimes autoritaires dominent la région? Pourquoi la coercition comme principal mode d'action? Pourquoi l'apparition d'organisations terroristes? Ce livre, complet et d'un grand intérêt, répond à ces questions. Il nous raconte et nous écrit la violence au Moyen-Orient, les conditions de son apparition et les conséquences de son utilisation. Partant des Empires ottoman et perse, de leur démantèlement, de l'organisation administrative et politique du territoire, de l'apparition des régimes mandataires et d'Etats autoritaires, Hamit Bozarslan, directeur d'études à l'EHESS, montre avec une brillante efficacité les résultats des politiques jusque-là décidées: c'est la violence; la violence qui ne finit pas de se déployer. Le livre est bien entendu à conseiller.
lundi 17 août 2015
Winston Churchill - François Kersaudy
Plus de deux semaines pour lire la vie et le parcours de ce célèbre personnage; plus de deux semaines pour découvrir les traits connus de son caractère; un moment intéressant quand on ne connait rien, comme moi, de Winston Churchill. Il était Premier ministre de l'Angleterre pendant la seconde guerre mondiale, il aimait le cigare, l'alcool, le whisky and coca ... mais après? Que savais-je sur lui? Rien. En ai-je appris grâce à cette biographie? Bien évidemment. J'ai appris sur sa personnalité, son tempérament. J'ai appris sur sa vie privée et publique. Il était, selon François Kersaudy, énergique et dynamique, courageux et combatif, efficace et travailleur. Il était un bourreau de travail qui ne supportait pas l'ennui; un orateur, écrivain, un peintre. Il était ce bon vivant qui aimait les plaisirs de la vie, qui se passionnait de politique parce qu'elle lui offrait le pouvoir de décision. Winston Churchill, en effet, était un homme d'action, un homme qui voulait commander, qui voulait agir pour les biens de son Empire surtout lorsqu'il était menacé. Aussi n'est-on pas surpris de le trouver aux commandes d'un ministère et d'un gouvernement lors des deux guerres mondiales; des guerres qui, en même temps que l'horreur, ont fait entrer l'homme dans l'Histoire. Sans elles, en effet, il n'aurait peut-être pas marquer la vie et les esprits. Sans elles, il n'aurait peut-être pas mérité une biographie. Peut-on dès lors le raconter sans les visiter?
A lire le présent ouvrage, la négation semble s'imposer. François Kersaudy, en écrivant la personnalité de Winston Churchill, ne fait, en effet, que les évoquer. Il parle beaucoup du rôle que l'homme a joué pendant les guerres effroyables qui ont été menées. Il parle de ses capacités, de son talent. Il parle de son génie au point que Churchill semble parfait. Voilà le bémol. Churchill, dans cette biographie, se révèle extraordinaire et exceptionnel au point que l'on remercierait Dieu de nous l'avoir envoyé pour sauver l'humanité de l'effroyable guerre. Peut-être l'auteur a-t-il raison. Peut-être était-il ce personnage aux rares qualités mais y'a-t-il quelqu'un pour y croire vraiment? François Kersaudy tempère son propos en évoquant quelques-uns de ses défauts mais il semble si minimes qu'on peine à croire à l'objectivité. L'auteur est impressionné par Churchill et tout son ouvrage tant à montrer les qualités exceptionnelles de l'homme politique anglais. Malheureusement, je n'ai pas participé à l'enthousiasme affiché. Churchill ne m'a pas impressionné, la faute à l'auteur qui insistait beaucoup trop sur cet aspect, passant à côté de ce qui aurait pu, moi, m'intéresser. J'aurais aimé en savoir davantage sur les idées politiques du personnage. Quelles sont précisément ses idées et ses opinions? Elles sont évoquées mais très vite oubliées. François Kersaudy préfère évoquer la direction militaire et stratégique de la guerre. Il préfère les chiffres et les statistiques: combien d'armes et de navires il manquait; combien de soldats il fallait rassembler etc .... autant d'éléments qui, moi, ne me passionnent pas vraiment. A chacun son intérêt et sa curiosité.
En lisant le présent ouvrage, j'ai eu également l'impression de tourner en rond. L'auteur raconte à partir de répétitions. Churchill touche le succès, tombe dans la défaite, connait une période de rejet avec un manque financier mais, animé, passionné et toujours en pleine activité, il renaît de ses cendres. C'est, en résumé, un Phoenix bien puissant. Pourquoi pas, c'est la vie après tout. Mais est-il agréable de lire sur papier les répétitions vécues en réalité? Pas forcément. En bref et pour résumer, j'ai aimé découvrir un peu de la personnalité de Winston Churchill mais j'espérais davantage sur ses idées, les 715 pages lues ne les ayant pas vraiment exposées.
A lire le présent ouvrage, la négation semble s'imposer. François Kersaudy, en écrivant la personnalité de Winston Churchill, ne fait, en effet, que les évoquer. Il parle beaucoup du rôle que l'homme a joué pendant les guerres effroyables qui ont été menées. Il parle de ses capacités, de son talent. Il parle de son génie au point que Churchill semble parfait. Voilà le bémol. Churchill, dans cette biographie, se révèle extraordinaire et exceptionnel au point que l'on remercierait Dieu de nous l'avoir envoyé pour sauver l'humanité de l'effroyable guerre. Peut-être l'auteur a-t-il raison. Peut-être était-il ce personnage aux rares qualités mais y'a-t-il quelqu'un pour y croire vraiment? François Kersaudy tempère son propos en évoquant quelques-uns de ses défauts mais il semble si minimes qu'on peine à croire à l'objectivité. L'auteur est impressionné par Churchill et tout son ouvrage tant à montrer les qualités exceptionnelles de l'homme politique anglais. Malheureusement, je n'ai pas participé à l'enthousiasme affiché. Churchill ne m'a pas impressionné, la faute à l'auteur qui insistait beaucoup trop sur cet aspect, passant à côté de ce qui aurait pu, moi, m'intéresser. J'aurais aimé en savoir davantage sur les idées politiques du personnage. Quelles sont précisément ses idées et ses opinions? Elles sont évoquées mais très vite oubliées. François Kersaudy préfère évoquer la direction militaire et stratégique de la guerre. Il préfère les chiffres et les statistiques: combien d'armes et de navires il manquait; combien de soldats il fallait rassembler etc .... autant d'éléments qui, moi, ne me passionnent pas vraiment. A chacun son intérêt et sa curiosité.
En lisant le présent ouvrage, j'ai eu également l'impression de tourner en rond. L'auteur raconte à partir de répétitions. Churchill touche le succès, tombe dans la défaite, connait une période de rejet avec un manque financier mais, animé, passionné et toujours en pleine activité, il renaît de ses cendres. C'est, en résumé, un Phoenix bien puissant. Pourquoi pas, c'est la vie après tout. Mais est-il agréable de lire sur papier les répétitions vécues en réalité? Pas forcément. En bref et pour résumer, j'ai aimé découvrir un peu de la personnalité de Winston Churchill mais j'espérais davantage sur ses idées, les 715 pages lues ne les ayant pas vraiment exposées.
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