lundi 14 mars 2016
Mémoires d'une jeune fille rangée - Simone de Beauvoir
vendredi 11 mars 2016
Parfums - Philippe Claudel
Après La petite fille de Monsieur Linh que j'ai trouvé doux, délicat et poétique, après Les âmes grises que j'ai trouvé magniquement bien écrit, je découvre ici Parfums que j'ai beaucoup moins apprécié. L'auteur y raconte les parfums qui font ses souvenirs; il écrit ses odeurs qui lui parlent, le transportent, lui rappellent le passé et sa vie. L'écriture est belle, la plume est gracieuse, elle sait évoquer la nostalgie mais elle manque à mes yeux de puissance car elle ne porte pas sur le papier un récit de grand intérêt. En effet, j'ai lu ce livre sans grande passion, sans grand sentiment. Je l'ai apprécié pour son écriture toujours aussi ravissante mais je l'ai regretté pour sa construction: il y avait peut-être meilleure façon d'évoquer ses parfums qui impriment les images dans les souvenirs.
samedi 27 février 2016
Turquie, année zéro - Kadri Gürsel
Journaliste turc renvoyé du quotidien Milliyet pour avoir tweeté contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan, Kadri Gürsel dénonce, dans cet ouvrage très mince et très court, ses dérives autoritaires - voire totalitaires, ses politiques intérieures et extérieures. Elles sont, pour lui, alarmantes et désastreuses. Alarmantes parce qu'elles mènent le pays vers le chaos. Désastreuses parce qu'elles l'éloignent des aspirations premières du père fondateur (Atatürk): Progrès, Laïcité, Liberté et Fraternité. Kadri Gürsel s'insurge: la politique va-t-en guerre de l'A.K.P, son immixtion dans la politique intérieure syrienne, ses volontés expansionnistes néo-ottomanes, son alliance idéologique et politique avec les Frères musulmans, son soutien "discret" et silencieux à Daesh sont autant de faux pas qui isolent et fragilisent le pays sur la scène internationale. Quant à sa mauvaise gestion du pouvoir, son autoritarisme, son intransigeance face à l'opposition et la communautarisation de la vie politique, elles exacerbent, selon lui, les tensions dans le pays toujours plus affaibli.
La critique du journaliste démi de ses fonctions est la bienvenue. Elle interroge, à juste titre, la sincérité du pouvoir politique, ses projets et ses ambitions. Elle révèle leur duplicité, leurs erreurs et leurs faux-pas. Et pourtant, elle manque, à mes yeux, d'efficacité. Elle est, en effet, pour moi, mal écrite, mal organisée. Et j'ai, moi aussi, une critique à lui apporter. Si je suis d'accord avec Kadri Gürsel pour dénoncer les politiques internes et externes de Recep Tayyip Erdoğan, je suis en désaccord avec lui lorsqu'il s'agit de "vanter" les mérites des régimes précédents qui n'ont, malheureusement pas été plus efficaces en terme démocratiques. J'entends souvent, dans la bouche des nouveaux opposants au régime, "la Turquie, c'était mieux avant". Le propos n'est vrai qu'à l'égard de celles et ceux qui n'ont pas souffert "avant". Pour les autres, les Kurdes en particulier, l'"avant" vaut l' "après", le régime ayant toujours eu à leurs égards les mêmes pratiques assassines et anti-démocratiques. Où étaient-ils ces "nouveaux" opposants"? Pourquoi n'ont-ils pas dénoncé avec autant de forces et de convictions les élans autoritaires voire totalitaires du régime lorsqu'il s'agissait de leurs "frères" kurdes? Il y a, chez eux, comme un réveil, un sursaut. Ils ont l'air de découvrir que le régime politique turc est capable du pire. Faut-il le leur rappeler? Recep Tayyip Erdoğan ne fait que poser son cul sur un trône déjà prêt pour un exercice du pouvoir, il est vrai autoritaire. Il ne fait qu'imiter ses prédécesseurs et user des mécanismes déjà en place. La seule différence avec l'homme c'est que ses "ennemis" sont plus nombreux - toutes celles et ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui - et que les "protégés" d'autrefois sont les "parias" d'aujourd'hui. Faut-il attendre d'être touché pour crier et s"indigner? La question mérite d'être posée...
La critique du journaliste démi de ses fonctions est la bienvenue. Elle interroge, à juste titre, la sincérité du pouvoir politique, ses projets et ses ambitions. Elle révèle leur duplicité, leurs erreurs et leurs faux-pas. Et pourtant, elle manque, à mes yeux, d'efficacité. Elle est, en effet, pour moi, mal écrite, mal organisée. Et j'ai, moi aussi, une critique à lui apporter. Si je suis d'accord avec Kadri Gürsel pour dénoncer les politiques internes et externes de Recep Tayyip Erdoğan, je suis en désaccord avec lui lorsqu'il s'agit de "vanter" les mérites des régimes précédents qui n'ont, malheureusement pas été plus efficaces en terme démocratiques. J'entends souvent, dans la bouche des nouveaux opposants au régime, "la Turquie, c'était mieux avant". Le propos n'est vrai qu'à l'égard de celles et ceux qui n'ont pas souffert "avant". Pour les autres, les Kurdes en particulier, l'"avant" vaut l' "après", le régime ayant toujours eu à leurs égards les mêmes pratiques assassines et anti-démocratiques. Où étaient-ils ces "nouveaux" opposants"? Pourquoi n'ont-ils pas dénoncé avec autant de forces et de convictions les élans autoritaires voire totalitaires du régime lorsqu'il s'agissait de leurs "frères" kurdes? Il y a, chez eux, comme un réveil, un sursaut. Ils ont l'air de découvrir que le régime politique turc est capable du pire. Faut-il le leur rappeler? Recep Tayyip Erdoğan ne fait que poser son cul sur un trône déjà prêt pour un exercice du pouvoir, il est vrai autoritaire. Il ne fait qu'imiter ses prédécesseurs et user des mécanismes déjà en place. La seule différence avec l'homme c'est que ses "ennemis" sont plus nombreux - toutes celles et ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui - et que les "protégés" d'autrefois sont les "parias" d'aujourd'hui. Faut-il attendre d'être touché pour crier et s"indigner? La question mérite d'être posée...
mercredi 24 février 2016
Samarcande - Amin Maalouf
N'entendant que des avis favorables, j'espérais beaucoup de ce roman. Malheureusement, comme à chaque fois, c'est la déception qui m'attend. Ici, c'est la construction que j'ai trouvé désordonnée. L'auteur parle avec délice de l'Orient mais enchaîne les époques sans tisser précisément de lien. Où est le fil conducteur? Omar Khayyam est, on dirait, un prétexte pour étaler des connaissances sur la riche histoire de l'Iran. C'est, ma foi, tout à fait intéressant mais la cohérence n'est pas, pour moi en tout cas. C'est un peu fouillis, un peu long, pas assez travaillé. En dépit de ces défauts, j'ai aimé me promener dans les couloirs de l'Histoire, j'ai apprécié le propos sur l'Orient et son rapport à l'Occident. J'ai goûté avec plaisir à la douceur et la sensualité qui se dégageait parfois de ce roman. Je conseille, évidemment, pour toutes celles et ceux qui n'ont jamais approché le Moyen-Orient.
lundi 15 février 2016
Oscar et la dame rose - Eric Emmanuel Schmitt
Comment dire ... je n'ai pas du tout aimé. Je n'ai même pas du tout compris l'engouement de certain(e)s pour ce texte. Le message peut émouvoir, il peut porter une certaine beauté mais malheureusement pour moi il ne suffit pas à bien considérer ce roman que je trouve mal écrit, mal pensé, mal construit. Il n'y a pas de subtilité dans l'écriture, les intentions de l'auteur sont tout de suite cernées, le travail apparait. Puis, pour tout avouer, je n'ai pas trouvé le personnage d'une grande crédibilité. Il n'y a rien que j'ai pu apprécier dans ce livre qui m'a semblé, au final, et paradoxalement vu le message qu'il veut transmettre, bien vide. Je ne peux faire autrement qu'oublier.
Oscar et la dame rose, Eric Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 101p, 9.50€
Le bonheur national brut - François Roux
Il a suffit que Gérard Collard le compare au Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guénassia, roman que j'avais particulièrement apprécié, pour que me prenne l'envie de l'acquérir. J'ai donc attendu sa sortie en poche pour le lire. Résultat, comme à chaque fois que j'écoute Gérard Collard, je suis déçue. Je suis déçue de ne pas avoir trouvé la puissance que j'espérais, que j'attendais. J'ai envie, en effet, quand je lis un roman dit politique, d'une force, d'une puissance dans l'analyse et l'écriture. Là, ils ont manqué même si j'ai pu apprécier la critique de la société et du capitalisme financier; même si j'ai pu approuver l'analyse faite par l'auteur. Seulement, il a manqué quelque chose; ce quelque chose qui fait la différence, qui fait la puissance de l'intelligence. En l'état, il s'agit "seulement" d'un roman qui reprend les propos et analyses que l'on retrouve sans difficulté dans les essais et les recherches socio-politiques. En l'état, il n'y a rien qui puisse me nourrir intellectuellement. Dommage.
mercredi 10 février 2016
Et puis, Paulette...- Barbara Constantine
Je ne sais pourquoi, je croyais, en approchant ce roman, à un livre léger, suffisamment léger pour le sortir de ma bibliothèque. J'ai besoin, en effet, aujourd'hui, de légèreté dans ma vie, j'ai besoin de respirer, de m'évader doucement, d'échapper à la dure réalité en occupant mon esprit. Eh bien je me suis trompée, ce livre ne fait pas dans la légèreté. Son écriture, pleine de fraîcheur, est légère certes mais elle porte sur ses plumes une histoire lourde, réaliste, très terre à terre. C'est la solitude, la vieillesse, l'isolement, la mort, la douleur. C'est la triste réalité qui oblige à penser la solidarité. Et c'est ce qui fait la beauté de ce livre qui sent bon la générosité. Elle est intra et inter-générationnelle. Elle est belle, elle fait du bien au coeur. J'ai aimé le regard de l'auteure. J'ai apprécié son message. Sans pathos, sans lourdeur, elle transmet sa joie, son optimisme. C'est bien fait, bien mené même si ce n'est pas parfait. A conseiller.mardi 2 février 2016
Le violoniste - Mechtild Borrmann
vendredi 29 janvier 2016
Miss Alabama et ses petits secrets - Fannie Flagg
Miss Alabama et ses petits secrets, Fannie Flagg, Pocket, 448p, 7.70€
mardi 5 janvier 2016
Le manoir de Tyneford - Natasha Solomons
Sans lecture pendant mes vacances, j'ai pris, au hasard, ce livre dans la bibliothèque de ma belle-soeur. Je ne savais donc pas du tout à quoi m'attendre et ayant peu de temps à lui accorder, je l'ai terminé au bout d'une semaine. Alors, qu'en ais-je pensé? Eh bien, il ne fait pas dans l'excellence mais il a permis le divertissement avant l'endormissement. Je n'ai pas eu de mal à me plonger dans l'histoire, à m'y intéresser, à suivre le personnage principal - une autrichienne d'origine juive issue de la bourgeoisie - dans ce manoir de Tyneford en Angleterre où elle est employée en tant que femme de chambre, ce qui lui permet d'échapper à l'horreur qui se répand sur le continent. Loin de sa famille, de son pays, elle doit construire sa nouvelle vie: déclassement social, code culturel différent. C'est, pour elle, bien entendu, un dépaysement qui ne le sera plus avec le temps, le manoir de Tyneford devenant le lieu rêvé pour accueillir toute sa famille. Le roman est agréable à lire mais il lui manque l'émotion, la puissance dans la narration et la construction. Il lui manque ce quelque chose qui fait la différence, qui fait l'authenticité. En l'état, le roman souffre d'une certaine superficialité. Il raconte beaucoup les paysages, les petites tâches qui font la vie d'une domestique et oublie quelque peu les sentiments qui naissent de l'éloignement, de la peur, de la crainte, de la disparition et de la mort. Ceux-là, pourtant d'un grand intérêt, ne sont pas vraiment exploités. Dommage.
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